Retour à tous les événements

Résidence Cie KAMMA


  • Gite de La Rivière 119 Chemin de Petavin Gigors-et-Lozeron, Auvergne-Rhône-Alpes, 26400 France (carte)

QUATRE-VINGT TREIZE DE VICTOR HUGO

La compagnie KAMMA est avant tout un espace de création, de partage et de recherche dans l'univers du théâtre contemporain.

Elle cherche à questionner certaines grandes thématiques sociétales : l'écologie, le féminisme, la violence dans notre société, le brouillage (ou brouillard) politique actuel.

Créée en 2012 par Margherita Bertoli et Karine Pedurand, KAMMA est depuis lors codirigée à trois avec Raphaël Mena et cultive l’esprit du collectif. Chaque spectacle tente de traduire notre amour du théâtre et de l’autre, la nécessité de la transversalité, l’indispensable présence du corps, le besoin de proposer aux publics un théâtre intelligent, qui les prend au sérieux, un théâtre dénué des notions de frontière et dont le point de départ reste l’auteur-autrice et les comédiens- comédiennes.

Depuis sa création la Compagnie a été accompagnée pas différents partenaires institutionnels comme le Ministère d’Outre Mer, la DRAC Ile-de-France, la Région Guadeloupe, les Mairies de Thorigny-sur-Marne et Asnières-sur-Seine et aussi la le CDN de Limoges Théâtre de l’Union, la MC93, le Théâtre du Rond-Point, le T2G,……le Département de l’Ardèche et le Théâtre de Privas.

NOTE D’INTENTION

La compagnie KAMMA continue sa recherche autour du fait révolutionnaire.

Le roman Quatrevingt-treize se déroule à un moment charnière de notre histoire, l'année la plus intense de la Révolution, l'année de « la Terreur », 1793.

Moment paroxystique, la Terreur se caractérise par un état d'exception justifié par les multiples menaces qui pèsent sur la révolution : guerres extérieures menées par les monarchies européennes contre la France, guerre intérieure et contre-révolutionnaire en Vendée.

Aujourd'hui encore, l'épisode de la Terreur jouit d'une image et d'un héritage ambivalents, considérée par certains comme une tyrannie aveugle condamnant la Révolution dans son ensemble, elle est vue par d’autres comme une parenthèse contrainte par la force des événements.

Hugo nous en offre un regard instruit et perspicace. Il nous aide à penser ce moment. Il propose de la nuance. Quatrevingt-treize raconte la guerre civile en Vendée, et montre l'opposition entre les bleus, révolutionnaires, et les blancs, monarchistes. Hugo se situe clairement du côté républicain. Pourtant il expose avec une égale rigueur les crimes des deux camps. La cruauté et l'aveuglement des royalistes, mais aussi la perte d'humanité qu'entraîne l'usage de la violence, la froide stratégie, et la guillotine du côté républicain. Ce débat est au centre de l'œuvre. Et nous intéresse encore au premier plan aujourd'hui.

À quoi bon la révolution, ses valeurs humanistes, si pour y arriver, des massacres sont nécessaires ? Que doit-on mettre en œuvre pour faire advenir une société plus juste ? Et quel en sera le coût ? La société française traverse aujourd'hui une grave crise politique. Notre société est littéralement fragmentée. Plusieurs visions s'affrontent et se confrontent. Et les tensions qui en résultent sont vives, manifestes, et brûlantes.

Parler des origines de la république, de ce que cherchaient les révolutionnaires de 1793, l'idéal de justice, d'égalité, la proclamation d'une société plus juste et plus égalitaire à travers la lutte contre la tyrannie, nous semble aujourd'hui encore et toujours plus nécessaire.

Comment dire et faire sonner cette langue, ce style, ces phrases longues, riches, pleines d'images et de métaphores ?

La langue d'Hugo gagne à être dite, prononcée à voix haute, et peut-être et surtout, incarnée. Le talent de Victor Hugo est protéiforme. D'un point de vue littéraire, c'est une langue généreuse et magnifique. Ensuite, du point de vue du récit, l'histoire est haletante, et passionnante. Enfin, dans la construction des personnages, leur complexité et leur grandeur, cheminer avec eux en tant que comédien.ne.s est un cadeau. Hugo crée de véritables antagonistes. Des personnages véritablement cruels et méchants, ou à l'inverse, véritablement dignes d'admiration. Et cela est jouissif à incarner en tant qu’interprète. Des oppositions brutes. Nettes. Acérées. Camper des personnages dessinés et gigantesques, qui nous dépassent.

Le texte met en valeur des individus, mais il éclaire aussi des rapports sociaux plus larges. Notamment des rapports de classe. Il met en scène le peuple, les petites gens, les gens simples par opposition à la noblesse. Il insiste sur les hiérarchies sociales, les murs séparant les riches des pauvres, et les injustices qui demeurent. Ces questions traversent l'ensemble du roman. Et nous les trouvons aussi d'une grande modernité.

Précédent
Précédent
28 mars

spectacle-concert : zakouska - a la poursuite du crin

Suivant
Suivant
5 juin

Sortie de Résidence - QUATRE-VINGT TREIZE